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Un premier bilan sur la biodiversité au Québec

La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et Nature Québec publient aujourd’hui le premier bilan de l’action du Québec en matière de biodiversité : l’analyse révèle que le Québec est en voie de rater les cibles internationales pour lesquelles il s’était engagé.

Le dévoilement du rapport s’est fait en présence de Monsieur Braulio Ferreira de Souza Dias, Secrétaire Exécutif de la Convention sur la diversité biologique. Nommé « Nagoya+ », en référence aux engagements pris par la communauté internationale au Japon en 2010, ce rapport vise à évaluer les progrès du Québec en matière de protection de la biodiversité et propose plusieurs recommandations afin d’atteindre minimalement les objectifs de 2020.

« Le Québec possède une biodiversité unique, incluant certains des derniers bassins versants et forêts intacts de la planète. L’atteinte des objectifs d’Aichi est une étape nécessaire afin de préserver ce patrimoine naturel pour les générations futures » a déclaré le Dr Dias, Secrétaire Exécutif de la CDB. « Les gouvernements sous-nationaux, comme les provinces et les régions, jouent un rôle crucial dans la protection de la biodiversité et c’est pour cela que je crois que le Québec a le potentiel de devenir un leader en matière de conservation » a-t-il ajouté.

Un bilan peu reluisant

Or, l’analyse présentée aujourd’hui révèle que si les tendances se maintiennent, aucun des objectifs d’Aichi évalués ne sera atteint au Québec. À titre d’exemple, l’objectif 11 sur les aires protégées invite les gouvernements à travers le monde à créer un réseau représentatif d’aires protégées couvrant 17 % du territoire et des eaux intérieures et 10 % des zones marines et côtières. À cet égard, on constate que les progrès sont minimes en termes de superficie depuis 2010, que de nombreux écosystèmes sont sous-représentés et que les instances régionales qui se concertaient sur la création de nouvelles aires protégées n’existent plus.

La façon de mettre en œuvre le Plan Nord sera déterminante pour atteindre l’objectif 11. Afin de préserver l’intégrité du Nord québécois, le Québec doit lancer des exercices de planification écologique pour identifier prioritairement les 50 % du territoire qui seront mis à l’abri des activités industrielles.

Mais la cible annoncée de 20 % d’aires protégées d’ici 2020 dans le cadre du Plan Nord ne suffira pas à compléter un réseau de qualité, représentatif de l’ensemble de la biodiversité québécoise. De nombreux territoires sont en attente de protection dans le sud du Québec, là où les pressions sont les plus fortes.

«Les écosystèmes du sud du Québec ne doivent pas être oubliés! Ce sont les milieux les plus riches en termes de faune et de flore et c’est aussi là où on retrouve le plus d’espèces menacées. Nous devons préserver cette richesse et ces territoires à proximité de la population», rappelle Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

Le Québec ne se donne pas les moyens

La diminution constante des moyens financiers, la désuétude réglementaire ainsi que  l’absence de plans d’action nationaux, de mécanisme de suivi, d’évaluation et d’instances de concertation sont des obstacles à pallier rapidement sans quoi les pertes en biodiversité seront irréversibles.

«Non seulement plusieurs de nos espèces sont devenues menacées ou vulnérables, mais elles sont également devenues orphelines tant le gouvernement du Québec a peu investi pour assurer leur rétablissement et mettre en place un filet de sécurité digne de ce nom», indique Alain Branchaud, directeur général de la SNAP Québec.

Replacer la conservation au cœur des grands projets du gouvernement du Québec

«Il est encore temps de renverser la cadence, si on redonne à la biodiversité toute son importance, notamment en s’assurant que les ministères responsables de la mise en œuvre des grands chantiers du gouvernement que sont le Plan Nord et la Stratégie Maritime collaborent à l’atteinte de nos engagements internationaux», d’ajouter Alain Branchaud.

Chaque cible évaluée dans le rapport est suivie d’une série de recommandations. La mise en place de bons outils de travail, tels qu’un plan d’action pour les aires protégées,  une politique d’aménagement durable du territoire ainsi qu’une meilleure collaboration interministérielle et des moyens financiers alloués au secteur de la conservation permettrait au Québec de mettre un frein à la perte de sa biodiversité et de réellement devenir un chef de file en la matière.

« Il est minuit moins une pour la protection de biodiversité au Québec et c’est l’affaire de tous », renchérit Christian Simard, directeur de Nature Québec. « Nous sommes prêts à offrir notre collaboration et notre expertise pour y arriver. Il faut en effet garder en tête l’importance d’impliquer la société civile et de soutenir les initiatives de conservation », soutient-il.

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